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Exposition SERGEI CHEPIK
Sergei Chepik, Oeuvres 2007-2008
Catto Gallery, London-Hampstead, 29 juin-17 juillet 2008.
Lien vers Le catalogue de l'exposition (format pdf)
Cette nouvelle exposition personnelle a pour moi une importance toute particulière, car elle m'apparaît à la fois comme un bilan, après vingt années de création en Occident, et comme une nouvelle étape dans ma carrière d'artiste. Ma toute première exposition personnelle en 1985 à Leningrad, au centre de l'Union des Artistes, présentait un cycle de paysages russes, résultat de plusieurs années de pérégrinations à travers les vastes étendues de mon pays natal. Mes deux dernières expositions personnelles tenues en 2008, l'une au Centre culturel Français de Milan, l'autre à la Chapelle Ste Anne à Arles étaient, elles, consacrées respectivement à la peinture religieuse et à la tauromachie. Paysage, peinture religieuse, scènes de tauromachie : trois thèmes qui me sont chers et sont une source inépuisable d'inspiration, trois thèmes qui ont bien sûr évolué avec les années, trois thèmes autour desquels s'organise cette nouvelle exposition à la Catto Gallery qui est aussi la trentième exposition personnelle d'un artiste qui vient de fêter ses cinquante-cinq ans.
Ma première toile peinte à Paris en 1988 représentait dans un style quelque peu cubiste et des couleurs fraîches l'Ange Blanc de Notre-Dame sonnant la trompette du Jugement au milieu des Chimères pensives ou inquiétantes qui, du haut des tours de la cathédrale, observent depuis des siècles Paris et ses habitants. Les revoici vingt ans plus tard dans une nouvelle composition où domine cette couleur jaune que j'affectionne particulièrement depuis 1997. Ils veillent sur une salle consacrée à Paris où l'on retrouve les larges panoramas de la Seine qui me sont familiers, mais aussi, pour la première fois, -ce qui peut sembler paradoxal chez le « vieux » Montmartrois que je suis-, une série de toiles de la Butte Montmartre, rendant enfin hommage, en ce printemps 2008, à cette République des artistes du monde entier qui m'a fait l'honneur de me nommer le 6 juin dernier « ambassadeur » et que je considère tout simplement comme « mon » village.
La Cène, à laquelle j'ai consacré toute mon énergie en 2007, est le dernier volet d'une inspiration religieuse qui s'est manifestée, certes, dès mes années d'études à l'Académie des Beaux-Arts de St Pétersbourg, mais qui n'a pu trouver qu'en Occident, et surtout grâce au travail pour la Cathédrale St Paul de Londres, son plein épanouissement. Avec la Rédemption , autre composition monumentale qui clôt une réflexion commencée en 2006 par les Argonautes , La Cène accompagne une série d'oeuvres graphiques où je poursuis mes réflexions sur le Nouveau Testament, réflexions dont le public pourra prendre plus ample connaissance dans la troisième monographie entièrement dédiée à mes oeuvres religieuses qui sera présentée durant cette exposition.
On ne peut parler de rétrospective pour cette exposition-bilan, puisque toutes les oeuvres qui la composent ont été réalisées en 2007 et 2008, et pourtant, il y a là une toile que j'ai retravaillée presque chaque année depuis 1992 et qui a pu en 2008, au retour d'une nouvelle Feria en Arles, trouver sa forme définitive : Torero . Peinte dans cette technique qui m'est propre, la peinture à l'encauste rehaussée d'huile, elle témoigne à côté d'oeuvres graphiques de ma passion pour la Tauromachie qui, avec le Carnaval de Venise, est l'un des thèmes favoris dont mon oeuvre s'est enrichie depuis vingt ans au contact de la culture occidentale.
Et la Russie, me demanderez-vous ? Aurais-je trahi ma Russie natale pour embrasser, entre Paris, Venise et Arles, la culture de l'Occident latin ? Bien sûr que non, et mes illustrations pour la Garde Blanche de Mikhail Boulgakov réalisées en 2006 à la demande de l'éditeur pétersbourgeois Vita Nova et présentées ici sous forme de lithographies, sont, me semble-t-il, le témoignage d'un attachement réel à mes racines slaves et de ma passion jamais démentie pour la Russie qui reste, ici même à Paris, la source principale, vivifiante et toujours renouvelée, de mon art. Ce travail sur la Garde Blanche que les Moscovites ont pu découvrir le 15 mai dernier au musée Boulgakov, à l'endroit même où se situe l'action du Maître et Marguerite , marque une nouvelle étape, puisque j'aurai prochainement l'honneur, dans mon atelier parisien, d'illustrer ce fameux roman russe qui n'a jamais cessé de m'inspirer.
Sergei Chepik, Montmartre, Mai 2008
(c) Sergei Chepik 2008